Interview de Mme TALLET (Maire de Champs sur Marne)

INTERVIEW DE MME TALLET  (MAIRE DE CHAMPS-SUR-MARNE) 

PAR LES ELEVES DELEGUES DU COLLEGE ARMAND LANOUX 

  

Mme le maire nous a reçus le lundi 26 novembre 2012 dans la salle de réception de la mairie de Champs-sur-Marne. Tout d’abord, elle a expliqué aux élèves que chaque mairie avait l’obligation d’avoir une salle civique (salle des mariages) ainsi qu’un service d’état civil. De plus, elle nous a redéfini les différents symboles de la république devant être présents dans l’enceinte d’une mairie (la Marianne, le drapeau bleu, blanc, rouge et l’effigie du président actuel). Elle a rappelé aux élèves que le conseil municipal se réunit au minimum trois fois par an dans la salle où nous nous trouvons.

 

Question n°1 :

Tara CHAIT : « Depuis combien de temps êtes-vous Maire ? »

La Maire : « Je suis une élue de la ville depuis 1983. La première fois j’avais 32 ans et j’étais élue sur la liste communiste de M. Hurtebize. En 1989, je suis devenue premier maire adjoint. Le sort a voulu qu’il meure en 1994 et je lui ai donc succédé en tant que maire. C’est le conseil municipal qui m’a élue parmi la liste électorale municipale de l’époque. »

Question n°2 :

Ryad LAIDOUNI : « Pour quelles raisons avez-vous voulu être Maire ? »

La Maire : « Mon père était mécanicien et ma mère femme au foyer. Je voulais être professeur depuis toute petite. Très jeune je suis devenue militante politique et syndicaliste en adhérant à un parti politique. Je voulais m’occuper des affaires de la ville, c’est pour cela que j’ai accepté d’être Maire. »


Question n°3 :

Juliette MOUTTE : « En quoi consiste votre fonction ? »

La Maire : « Elle consiste à gérer les affaires de la commune, c’est moi qui prends la décision finale. Je suis conseillée par 10 adjoints représentant les différents services et par 3 délégués qui se divisent la ville en 3 quartiers. Mais je passe une grande partie de mon temps à signer des papiers. »

Question n°4 :

Alaïs BERGER : « Nous savons que vous êtes communiste, mais pour vous qu’est-ce-que  le communisme ? »

La Maire : « C’est la descendance de ceux qui ont agi au moment de la commune de Paris de 1871 qui n’a duré que trois mois. Cette période de l’histoire a eu une influence sur notre société. Elle a imposé l’obligation de la scolarité des filles, prônait le pouvoir du peuple par le peuple, voulait que l’égalité règne donc était pour le développement de la solidarité. »

Question n°5 :

Dorian ROCH : « Quels sont vos projets pour les années à venir ? »

La Maire : « Continuer à maintenir les activités de la jeunesse. Eviter les inégalités  afin que quel que soit son milieu d’origine on puisse avoir accès aux activités sportives et culturelles. Le but est  de mieux vivre ensemble. Nous voulons construire des logements supplémentaires dont 30% de logements sociaux.                                                                               

Mais aussi faire en sorte que de nouvelles entreprises s’implantent pour répondre à l’ambition du grand Paris. En 2018, nous devrons livrer la nouvelle gare qui accueillera la ligne faisant le tour de Paris pour répondre à cette ambition. »

Question n°6 :

Mattéo MELONI : « Que faites vous en faveur des enfants ? »

La Maire : « Tout ! Nous proposons tous les sports, toutes les activités extrascolaires (centre de loisirs, conservatoire, infrastructures sportives et culturelles…). D’ailleurs,  la ville a reçu le label « Ville amie des enfants ». Aussi bien ici, à Champs-Sur-Marne  qu’ ailleurs, en effet, des actions de solidarités sont faites pour les enfants de Cuba et du Cambodge. »

Question n°7 :

Haïlie LOUIS : «  Est-ce-que vous pensez vous représenter aux prochaines élections et pourquoi ? »

La Maire : « Oui, le travail n’arrête jamais et j’aimerais être là pour inaugurer la gare du grand Paris. »


Question n°8 :

Zoé DESHAIES : « Quels conseils nous donneriez vous pour que l’on soit de bons délégués ? »

La Maire : « Il faut que vous soyez intéressés par tout ce qui vous entoure. N’oubliez pas que vous êtes porte parole. Les délégués sont là pour faire le lien. Il faut savoir écouter et s’intéresser aux autres. »

Question n°9 :

Mélissa LAPELLEGERIE : « Avez-vous été délégué de classe ? »

La Maire : « Non, car il n’y avait pas de délégués élèves dans les établissements avant 1968. »

Question n°10 :

Maëlle SANNIER : « Etiez-vous présente à la représentation de la classe orchestre le samedi 24 novembre ? Et si oui, avez-vous aimé ? »

La Maire : « C’était du très beau travail. Normalement, vous devriez rejouer au mois de mars dans la salle Jacques Brel et rencontrer un orchestre professionnel cubain. »

Question n°11 :

Anissa MANSOUR : « Avez-vous parfois été découragée dans votre fonction ? Et qu’est-ce qui vous a remotivée ? »

La Maire : « Oui bien sûr, mais je suis quelqu’un d’optimiste et mon caractère ne me permet pas d’être découragée à long terme. »

Question n°12 :

Isaïe ELLA : «  Avez-vous été formée pour être maire ? »

La Maire : « Il n’existe pas de formation de maire. J’ai eu la chance d’être formée par le maire précédent, M. Lionel Hurtebize mais je pense que c’est un métier qui est très proche de celui de professeur. »

Question n°13 :

Myra THABET : « Quel a été votre parcours ? »

La Maire : « J’ai été institutrice de classe de CM2 puis pendant 6 ans dans les classes de transition (où l’on mettait les élèves en difficultés). Pour finir, j’étais PEGC en collège et j’enseignais 2 matières, le français et l’histoire. »

Question n°14 :

Kadia CAMARA : « Est-ce que vous considérez que vous êtes assez payée pour être maire ? »

La Maire : « Je reçois une indemnité et non un salaire qui est plus intéressant que le salaire d’un professeur mais qui n’est rien par rapport à celui d’un chef d’entreprise. »

Question n°15 :

Marine MOTTAU : « Quel est votre meilleur souvenir ? »

La Maire : « Lorsque j’ai marié certains de mes anciens élèves ou rencontré leurs enfants. »

Question n°16 :

Noélie WENGLER : « Avez-vous déjà rencontré de grands hommes politiques ? »

La Maire : « J’ai mangé avec Jacques Chirac lors d’une soirée à l’Elysée et j’ai fait l’inauguration de l’école des Ponts et Chaussées accompagnée de Jacques Chirac et     Jean-Claude Gayssot. »

Question n°17 :

Soudsda KOULABOUTH : « Qu’allez-vous faire pour le développement durable ? »

La Maire : « Pour moi le développement durable, ce n’est pas seulement l’environnement mais aussi le bien vivre ensemble du point de vue social et artistique. Pour cela, on construit de nouveaux logements et structures qui respectent le label écologique. Mais nous avons aussi mis en place le système du pédibus pour que les parents ne prennent pas leur voiture (le 1er km est le plus cher et le plus polluant). On a changé les lampes de toute la ville pour une baisse de la consommation d’énergie, ainsi que les décorations lumineuses de Noël. Nous n’utilisons plus de produits chimiques pour les pelouses et nous essayons de convaincre la population de s’engager de plus en plus dans le tri sélectif. Mon intérêt premier reste l’humain. »

Question n°18 :

Julie SCHLACCOFF : « Regrettez-vous certaines de vos décisions ? »,

La Maire : « Non, pas vraiment ! Je ne regrette aucune de mes décisions. »

Question n°19 :

Manon LESIEUR : « Si vous recommenciez votre vie, aimeriez-vous à nouveau être maire ? »

La Maire : « Oui, j’aimerais. Dans une ville aussi grande que celle de Champs-sur -Marne. Cette dimension permet de garder le contact avec les habitants. Je ne suis pas que maire, je suis aussi conseillère générale mais je ne désire pas être député car j’aime garder le contact avec les gens. »

Pour finir, un élève lui demande « que faites-vous pour lutter contre la délinquance de la jeunesse ? ».

Mme le Maire répond que l’école ne peut pas éduquer seule sans l’aide des parents. D’après la Maire, il faudrait rester le plus longtemps à l’école pour éviter d’être éduqué par la rue. Elle pense que l’argent doit aller à l’éducation plutôt qu’à la mise en place de caméras de surveillance.

Elle cite Victor Hugo qui disait « lorsqu’on ouvre une école, on ferme une prison».